Vert Saint-Egrève
Accueil du siteLe mot des élusJournal municipalMandat 2014-2020
PADD de Grenoble Alpes Métropole : peut mieux faire !
lundi 18 juin 2018
par Laurent Amadieu
popularité : 1%

Synthèse des remarques du groupe Écologie, Solidarité, Citoyenneté sur le PADD de Grenoble-Alpes-Métropole du PLUI en cours d’élaboration

Est-ce que la nouvelle mouture du PADD, repassée aux fourches caudines de la Métropole grenobloise nous satisfait par rapport à la première version de fin 2016 ?

Pour répondre à cette question, nous donnerons notre avis :

- En ayant en tête l’intérêt de la métropole et en se plaçant donc en tant que Métropolitan ;

- En tant que Saint-Egrevois et en évaluant la place et l’apport de notre commune dans ce projet de PADD. Il s’agira de constater si une partie au moins des remarques formulées par l’ensemble des groupes de cette assemblée ici présents (Discours donné en CM le 6 juin 2018) et en particulier du groupe Écologie, Solidarité, Citoyenneté a été prise en compte ou non.

1/ Alors que dire de ce projet de PADD amendé pour notre Métropole ? Nous allons aborder dans cette partie plusieurs points :

- Confronter les enjeux stratégiques choisis dans ce PADD ;

- Se poser la question de la justesse des orientations thématiques s’agissant de l’économie, des déplacements, de l’habitat avec l’enjeu de la cohésion sociale...

A/ les enjeux stratégiques :

Comme lors du premier débat, et sans tout répéter, nous ne pouvons qu’approuver la définition des principaux enjeux stratégiques mentionnés et renforcés à travers l’intégration dans ce PADD du PDU à savoir :

- La Lutte contre le changement climatique et l’inscription de la transition énergétique ; - Le soutien au dynamisme économique quand il s’inscrit au service de l’emploi, dans le respect des enjeux environnementaux et en s’appuyant sur l’écosystème grenoblois ; - Et le renforcement de la cohésion sociale territoriale par une intervention publique forte et volontaire.

B/ l’économie, les déplacements, l’habitat avec la cohésion sociale , l’environnement Dans ce PADD transparaît la volonté de faire des différents espaces et quartiers de la métropole jusqu’à présent segmentés dans leur usages, des lieux multifonctionnels quand cela est possible.

Le soutien à l’économie et à l’écosystème grenoblois reposant sur le tryptique "université, recherche, industrie" est réaffirmé ainsi que la prise en compte de la nouvelle économie, de l’équilibre fragile entre l’attractivité des centres villes/bourgs avec leurs commerces de proximité et les grandes zones commerciales.

Déplacements. En matière de déplacements et de transport, nous nous félicitons de l’ajout des apports du PDU qui va être soumis bientôt à enquête publique et qui bien d’être arrêté par le SMtC. Les modes actifs de déplacements comme la marche et le vélo pour celles et ceux qui le peuvent sont fortement mi en avant. Est ajouté à ce PADD le renforcement du réseau cyclable "structurant et sécurisé" notamment les chronovélos...Nous avons pu noter que le transport par câble entre SMLV et Fontaine reste présent dans ce document.

Habitat. Nous sommes d’accords avec l’affirmation d’une métropole polycentrique avec un cœur de Métropole dotée d’une zone piétonne élargie correspondant à la taille de ce type d’agglomération. Quand-est-ce que Saint-Egreve aura, a minima, avec tous les acteurs et usagers de l’espace public, une réflexion autour de l’opportunité ou non de créer quelques zones piétonnes et de rejoindre ainsi le projet CVCM ? Exemple de pistes : rue Saint Robert, place Saint-Christophe ? Nous relevons également la volonté de faire du renouvellement une priorité et en particulier d’assurer l’évolution qualitative des tissus pavillonnaires. Nous reviendrons sur ce point dans notre seconde partie concernant Saint-Egreve.

C) Mais au moins une réserve demeure par rapport à la V1 de ce PADD pour ses grandes orientations.

La réduction de la consommation d’espace est un objectif affiché de ce PADD mais sa traduction aujourd’hui en hectares consommables est encore insatisfaisante. Pour rappel, entre 2005 et 2015, les espaces urbanisés ont augmenté de 465 hectares, soit la surface d’une ville comme Eybens et dans le même temps ceux agricoles ont baissé de 567 hectares. Il faut donc bien stopper cela. Désormais cette artificialisation de notre sol sur la Métropole ne devra pas dépasser 37hectares par an jusqu’en 2030. Soit la possibilité de consommer encore 444 hectares de terres naturelles ou agricoles. c’est encore trop !

En détail, 6h\an pour les activités économiques (72 hectares au total ). Le Scot prévoyait 200 hectares supplémentaires à consommer pour de futurs installations d’entreprise dans des ZA, c’est donc mieux mais cela n’arrête pas l’étalement urbain. La loi Maptam prévoyait de toute façon déjà une diminution de moitié.

Pour le résidentiel, l’objectif est de construire seulement 50 % des nouveaux projets sur l’enveloppe urbaine existante. 31hectares\an. Pour nous, c’est encore insuffisant. Il faut aller vers une densification en hauteur et en particulier des zones d’activités quand les activités professionnelles ou commerciales sont compatibles comme cela se fait à l’étranger. + 90 hectares réinscrits en zone agricole dans le zonage mais en réalité il y aura toujours moins de terres agricoles, le solde sera largement négatif comme nous l’avons vu. Si la Métropole se fixe des objectifs de moins consommer d’espaces naturelles ou agricoles, c’est aussi car ces espaces se font plus rares de toute façon.

2/ Et Saint-Egreve dans tout cela, quid des remarques de l’ensemble des groupes politique de la commune, et a fortiori de celui qui a trois représentants à la Métropole ?

Comme nous l’avions évoqué lors du débat sur le PADD, la commune de St-Egreve, n’est toujours pas citée dans ce projet de PADD , si ce n’est à travers ses zones d’activités, et en plus de manière incomplète.

On peut s’interroger sur le travail et la capacité de cette majorité à "faire passer" à la Métropole au moins une partie des remarques concernant le territoire Nord-Ouest et plus précisément concernant les enjeux à Saint-Egreve qui concerne tout autant la commune que la Métropole.

L’un des exemples marquants que nous avions évoqué reste l’absence de référence à Saint-Egreve dans ce projet de PADD à propos du chapitre sur : "conforter l’organisation des branches Nord-Ouest" s’agissant des projets de développement urbanistique en cours et des liens inter-quartiers, inter-villes et inter-rives de l’Isere et du Drac. Aucune mention ne fait état de notre commune alors qu’est cité les liens Fontaine-Sassenage-Presqu’île scientifique. Pourtant, lorsqu’on est Saint-Egrevois, tout le monde connaît un voisin qui travaille sur la presqu’île scientifique et s’y achemine en voiture, en bus ou en vélo. On redit la même chose : le développement actuel de cette presqu’ile n’est pas assez pensé en lien avec Saint-Egreve alors que les interactions sont fortes.

Toujours pas de référence à l’eco-quartier de la gare contrairement à d’autres projets équivalents.

Toujours aucune référence au CHAi contrairement aux autres hôpitaux et cliniques.

Rien sur le maintien du projet de fourche de la ligne E vers les ZA. Rien sur le projet de échangeur Sud Yvrai en direction de Lyon même si avec le nouvelle échangeur de SMLV, il n’est plus sûr que ce projet soit encore pertinent.

s’agissant des Zones d’activités, la zone Vence Eco parc n’est toujours pas mentionnée alors même que cette ZA fait partie de la nouvelle génération des ZA de la Métropole et compte parmi les plus gros projets de nouvelles ZA.

Notons cependant le retrait de la notion de spécialisation des ZA de la commune en espaces dédiés aux activités de production et de logistique. On parle plutôt de complémentarité. Ce qui est plutôt un progrès par rapport à la V1.

Concernant l’environnement et les "espaces verts en ville", de l’agriculture urbaine, réaffirmée dans ce projet de PADD comme un élément structurant du cœur de Métropole au même titre que d’autres projets d’aménagements urbains, nous regrettons que vous ne preniez pas en compte cette variable. L’Exemple du secteur de Champaviotte où se trouve actuellement le denier champ de la ville promis à une urbanisation complète est le témoin de notre incapacité collective à sauvegarder au moins un ou deux hectares de pleine terre sur ce secteur de la Métropole. Saint-Egreve doit expérimenter l’agriculture en ville en gardant un terrain agricole témoin de ce passé paysan et pour transmettre ce patrimoine aux générations futures. L’accueil d’un projet de maraîchage serait largement possible . Dans 30 ans, les générations futures se demanderont pourquoi, alors que la question de l’agriculture en ville et de l’auto-suffisance alimentaire se posaient déjà, la collectivité (Métropole et ville) n’a pas été en mesure de sauvegarder au moins deux hectares de terre agricole sur une commune qui couvre plus de 1000 hectares ? Par ailleurs, Saint-Egreve fait sa part en matière de densification, il nous semble donc que ce serait un juste équilibre.

Enfin, autre remarque, surement la plus importante. Ce PADD acte le fait que Saint-Egreve intègre le " cœur de métropole" avec les conséquences notables, déjà visibles en matière d’urbanisation et de transformation de l’ensemble du tissu pavillonnaire...quid de votre rôle en tant qu’élus métropolitains pour faire participer la population aux nouvelles règles du PLUI ? Aucune réunion publique dans notre commune, aucune invitation lors des visites de quartier pour dire aux habitants de participer et de donner leurs avis sur ces règles en cours d’élaboration... Aujourd’hui, nous avons assez de recul pour constater les conséquences concrètes des règles en vigueur du dernier PLU de St-Egrève (Possibilité de construire un immeuble sur l’ensemble du tissu pavillonnaire). Concrètement, nous pensons que ces règles doivent être adaptées en fonction des différents secteurs, des contraintes géographiques, des trames vertes et bleues, des paysage etc. Densifier sur la ville oui mais pas partout et pas n’importe comment. En conséquence de quoi, il ne nous semble pas souhaitable de construire de manière systématique des immeubles sans planification au préalable et sans une vision large de ce que doit être la ville demain, avec ses espaces verts publics, ses zones plus ou moins denses. L’exemple du jugement de ce printemps 2018 au TA de Grenoble annulant le permis de construire d’un immeuble dans une zone pavillonnaire avec des caractéristiques particulières (Piémont du Néron, typologie de hameau, étroitesse de la voirie) dans le quartier du Muret doit faire jurisprudence en la matière et permettre la possibilité d’une densification raisonnée et acceptée par la population.

Nous pouvons donc globalement nous satisfaire de ce projet de PADD qui dans ses intentions cherchent à minimiser l’impact des activités humaines sur notre territoire et à développer le bien-vivre. Pour autant, nous restons aussi réservés car nous pensons que la consommation de nouveaux espaces naturels restera d’actualité bien que moins importante qu’auparavant.

Enfin, nous sommes très circonspects sur l’absence manifeste du territoire de Saint-Egreve dans ce PADD. Nous continuons de penser que la majorité n’est pas suffisamment acteurs et force de conviction, pour être capable de transmettre et de faire accepter et intégrer une partie des apports et de la vision depuis Saint-Egreve, de ce que doit être la future Métropole.

 
Articles de cette rubrique
  1. PADD de Grenoble Alpes Métropole : peut mieux faire !
    18 juin 2018