Vert Saint-Egrève
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Brèves
Réfugiés : nous demandons un accueil digne...
mercredi 7 juin

Voici le vœu proposé au vote du Conseil Municipal du 7 juin 2017 de la part du groupe Ecologie, Solidarité, Citoyenneté

Objet du vœu : Accueil des réfugiés : des citoyens et associations veulent se mobiliser, la commune peut les aider

Un Programme d’Accueil et d’Hébergement des demandeurs d’Asile (PRAHDA) devrait ouvrir en juillet au Fontanil dans les locaux de l’hôtel Formule 1. Il soulève le rejet de certains élus et d’habitants du Fontanil. Au contraire, de nombreux Saint-Egrevois et associations d’entraide et de solidarité souhaitent se mobiliser pour que les réfugiés, poussés à quitter leur pays pour fuir la guerre et la misère, reçoivent ici, dans la métropole grenobloise et en particulier dans sa partie nord-ouest, un accueil digne de ce nom. L’Europe ne fait pas correctement son travail pour éviter les conflits à ses portes, l’Etat ne fait pas non plus correctement son travail en ne permettant pas aux réfugiés de déposer leur demande d’asile dès leur arrivée, en laissant trop longtemps trainer la réponse à cette demande, en ne proposant aux réfugiés aucun hébergement, aucune ressource et aucun droit de travailler pendant des mois. Le Conseil Municipal demande que soit organisée une réunion d’information entre la préfecture, le délégataire de l’Etat pour l’accueil des réfugiés et les communes du Fontanil et de Saint-Egrève. Le Conseil Municipal propose par ailleurs que la commune, à travers ses services municipaux compétents et son CCAS, facilite le travail des associations et citoyens qui souhaitent venir en aide aux demandeurs d’asile du Prahda du Fontanil. La commune s’engage donc, dans la mesure de ses moyens, à jouer un rôle de coordination, à mettre à disposition les locaux communaux ou tout autre moyen jugé utile afin d’entretenir cette solidarité avec les réfugiés et la commune du Fontanil.

 
Vidéosurveillance : des caméras, pour quels résultats ?
vendredi 16 décembre 2011

popularité : 2%

La campagne présidentielle est belle et bien lancée, et ce depuis déjà très longtemps…trop longtemps ? En matière de programme électoral, on nous sert de la rigueur, et encore de la sécurité en abondance avec des discours toujours aussi stigmatisants sur telle ou telle communauté, ou sur telle ou telle catégorie de français fraudeurs et profiteurs du système ! Merci M. Guéant, vive la République unie et solidaire !

C’est sûr, tout va mal mais heureusement les bonnes nouvelles sont là : notre Président nous annonçait en septembre dernier qu’il souhaitait une augmentation pour les prochaines années de 30 000 places supplémentaires pour nos prisonsi, soit une hausse de 50% ! Evidemment pour régler les problèmes d’insécurité, pour rassurer la population, rien de tel que de lui promettre une mise à l’écart de tous les indigents et autres déviants ! Il est vrai que nous sommes encore en retard sur le taux d’incarcération de notre population qui n’est que de 0,1 % de la population totale comparé à celui des états Unis qui atteint 0,7% de sa population. Un taux sept fois plus élevé !ii

Autre bonne nouvelle, le nombre de vidéos surveillance augmente partout en France, c’est pour ainsi dire, presque l’un des moteurs de notre croissance. Même des municipalités de gauche comme Grenoble s’y sont mises sur les bons conseils du gouvernement actuel qui annonçait il y a peu par la voix de son ex ministre de la défense Mme MAM… qu’il fallait passer de 20 000 caméras à 60 000 en l’espace de quelques années sur l’espace public. Notons quand même que ce secteur a connu un taux de croissance de 41% entre 2003 et 2007, c’est surement l’une des solutions choisies pour nous sortir de la crise…

Alors quoi ? Est-ce ainsi que nous réglerons les maux de notre société ? Est-ce en enfermant une part toujours plus croissante des nôtres que nous, gens forcément honnêtes nous vivrons plus heureux ? Est-ce par l’installation de caméras que l’on va véritablement régler les problèmes de délinquance ? Va t-on enfin méditer sereinement sur les émeutes urbaines qu’à connues l’Angleterre malgré ses 4 millions caméras ? Comme le titrait Marriane2.fr iii : « Vidéosurveillance : on y renonce partout, sauf en France ». Et à Saint Egrève, qu’en est-il ?

Plusieurs signes non négligeables laissent présager quelques inquiétudes manifestes sur cette question de la sécurité et surtout sur les réponses à apporter de la part de notre municipalité. C’est ainsi que la mairie a déclaré, à plusieurs reprises, dans sa communication officielle (Bulletin municipale par exemple) qu’elle réfléchissait à la nécessité ou non de se doter d’un système de vidéosurveillance. Surprise, il ne s’agit plus d’une réflexion mais d’une décision qui va s’imposer puisque la mise en place d’un système de vidéosurveillance figure noir sur blanc dans le projet de Délibération N°2011/08 du conseil municipal du 19 décembre 2011.

Nous ne pouvons pas être indifférents au sentiment d’insécurité et à l’insécurité réelle même si nous n’avons pas de statistiques précises toujours interprétables d’ailleurs (Rappelons-le aucun chiffre officiel ne peut être communiqué que ce soit du coté de la gendarmerie, de la préfecture ou de la mairie malgré quelques tentatives personnels pour les obtenir.) Nous ne pouvons donc que supposer qu’il existe en effet une augmentation des actes de délinquance sur notre territoire.

De notre coté, en tant que simple citoyen nous ne faisons que constater certains faits essentiellement d’incivilités, parmi eux citons quelques exemples qui participent à ce sentiment d’insécurité ou de « laxisme » :
- Des voitures stationnées sur la chaussée comme sur la rue Saint Robert alors qu’il existe des parkings 20 mètres plus loin et qui gênent donc la circulation.
- Des Places publiques systématiquement souillées avec notamment de très nombreux débris de verre comme près de la MJC Prédieu alors que des activités régulières pour les touts petits s’y déroulent. Ce qui signifie que certains enfants pourraient se blesser. Même chose parfois dans les cours de récréation des groupes scolaires.
- Des allers et venus avec des engins motorisés dans des espaces interdits à tout véhicules à moteur.
- Prise à partie gratuite avec insultes de la part de jeunes alcoolisés envers des habitants en fin d’après midi du mois de juillet juste après qu’un véhicule de la gendarmerie de Saint Egrève ait été lui aussi pris à parti verbalement et vigoureusement, sans que les occupants n’aient trouvés utiles de s’arrêter pour faire cesser ces agissements.
- Cambriolages, rackets rapportés par des habitants de la commune qui pour le coût sont eux de vrais délits.

Tout ces faits pour certains d’apparence minimes sauf les derniers, sont pour sûr à prendre très au sérieux. L’objectif est bien sûr de ne jamais négliger ces incivilités, et encore moins de les laisser s’installer sur nos territoires.

Tous les moyens doivent donc être trouvés pour endiguer ces incivilités et ces délits. Cependant ces moyens pour être efficaces doivent s’inscrire forcément sur le long terme et doivent être en mesure de traiter les causes de ces agissements délictueux. Ils ne doivent pas juste être des pseudos solutions qui d’emblée ne font que déplacer la délinquance et qui de surcroît sont très coûteux.

Comme le montrent différentes études, le coût de la mise en place et de la maintenance d’un tel système de vidéosurveillance est très dispendieux en rapport à son efficacité.iv En effet, en plus de l’installation de la caméra qui a elle seule coûte plusieurs milliers d’euros, il faut mettre en place un centre de vidéosurveillance et surtout ensuite, il est nécessaire d’avoir des agents qui sont rémunérés en permanence pour scruter les écrans 24 heures sur 24v au détriment d’agent sur le terrain. Par exemple « A Grenoble, la connexion du réseau existant (40 caméras) et la seule installation de 18 malheureuses nouvelles caméras coûtera aux contribuables grenoblois 720 000 € + au moins 50 000 € par an de maintenance… »vi. L’efficacité en matière de baisse de la délinquance n’est absolument pas prouvée, et qui plus est le taux d’élucidation des vols et délits sur un territoire grâce à ce système est inférieur à 3% selon les sources précitées.

Très concrètement, investir dans un tel système coûteux, c’est faire le choix de ne pas pouvoir recruter « des éducateurs, des animateurs socioculturels, des médiateurs, des correspondants de nuits, des surveillants de sortie d’école, et autres types d’emplois de proximité permettant de renforcer un peu le lien social, d’encadrer la jeunesse avec des projets éducatifs et de maintenir le dialogue entre la population et les institutions. »vii Pour Saint Egrève, cela signifie par exemple qu’il faut plutôt renforcer le rôle de certains animateurs de la MJC qui étaient en lien avec ce public mais qui vu la restructuration ne le sont plus. Cela signifie aussi que la seule éducatrice de l’Apase doit être d’avantage présent sur le terrain, quitte à ce que la mairie s’engage plus en avant auprès de cette association en subventionnement un poste supplémentaire pour couvrir mieux notre ville. De même que la gendarmerie comme la police municipale devrait patrouiller aux heures adéquates et surtout à pied ou en vélo, car rester enfermé dans son véhicule de patrouille sans avoir plus de contact que cela avec la population ciblée est définitivement voué à l’échec, c’est même une perte de temps. Enfin, et la mairie semble enfin l’avoir compris, il faut continuer à faire travailler tous ces acteurs ensemble pour apporter une réponse globale au problème posé.

Alors oui, soyons vigilants et agissons pour préserver dans le futur ce qui fait l’une des richesses de Saint Egrève, à savoir une ville où le sentiment d’insécurité est relativement bas. Mais n’ayons pas d’illusions non plus, la première cause qui fait basculer une partie de la population dans la délinquance, reste et restera l’accroissement des inégalités de toutes sortes ainsi que le cloisonnement social et culturel.

Penser que la mise en place de caméras, sera une réponse adaptée est un leurre, même un mensonge qui ne fera que renforcer au contraire ce sentiment d’insécurité et se dresser les uns contre les autres. Chacun a le droit à un sentiment de sécurité, mais ne soyons pas dupes et ne nous trompons pas d’investissements pour faire reculer la délinquance !

Laurent Amadieu